Bonjour,
Pour les identifications il faut surtout apprendre à déchiffrer les légendes (mêmes partielles) quand celles-ci sont lisibles (et c'est valable pour tout monnayage, pas uniquement pour les romaines).
Quand on n'est pas trop habitué il faut y aller un peu à tâtons, lettre par lettre. Un bon moyen de progresser est de prendre une fiche au hasard sur numista et de comparer les légendes qui ont été décrites avec celles des photos :
N#285969
N#286396
N#290109
…
Le gros avantage de ce monnayage c'est que les titulatures restent très formatées pour cette période : elles débutent le plus souvent par “IMP” (pour Imperator), parfois suivi d'un C (pour Caesar), des différents prénoms du dirigeant (souvent abrégés), du nom complet par lequel il est le plus souvent désigné (gallienvs, valerianvs…) et se termine souvent par “AVG” (Augustus) précédé dans certains cas de "PF" (Pius Félix : le Pieux, le Bienheureux…).
On peut aussi retrouver à la fin NOB C / NOB CAES (Nobilissimus Caesar) ou autres variantes de ce style à la place d'AVG lorsqu'il n'est pas Empereur mais seulement César.
Au revers, si la légende se termine par AVGG c'est signe que deux Empereur dirigeaient conjointement l'Empire lors de l'émission de cette monnaie (ça peut-être un indice dans certains cas : ça réduit la liste au niveau des possibilités), on peut aussi retrouver AVGGG s'ils étaient non pas deux, mais trois..
Autre point, si le buste est radié et la monnaie frappée sur un flan plutôt fin en argent ou billon, alors il y a de forte chance qu'il s'agisse d'un antoninien. Se méfier tout de même de leurs imitations : contrefaçon d'époque et monnaie de nécessité du style minimi (="barbare radiée").
Au bout d'un moment on finit par les identifier en un clin d'œil : on voit le buste, on vérifie que la légende colle bien avec l'Empereur qu'on a repéré, on identifie le type de revers et on cherche sa référence dans un ouvrage (j'utilise le RIC pour ma part, mais il en existe d'autres) et on passe à la suivante.
Sinon je rejoins Quiquengrogne pour le follis . Les numismates utilisent encore ce terme pour décrire certaines monnaies émises entre la réforme de Dioclétien et celle de Constantin, cependant on ne connait pas l'appellation réelle de ces monnaies. L'erreur vient à la base d'une confusion lors de la traduction d'un texte : le terme follis était utilisé dans ce contexte comme unité de compte mais en aucun cas pour désigner le nom d'une monnaie en particulier.
C'est la raison pour laquelle on abandonne peu à peu ce terme au profit de “nummus”, terme assez généraliste (pas de distinction entre les différentes réformes ou valeurs de ces monnaies en cuivre) mais attesté dans les textes de l'époque.
Après si on veut pinailler, il y a le même soucis avec les "antoniniens" et les “aurelianus” qui sont là encore des appellations modernes inspirées des noms de leurs créateurs : on utilise ces termes pour désigner les monnaies issues de telle ou telle réforme mais on ne connait pas leurs appellations réelles à l'époque.